Étude de cas21 février 202611 min

Comment une PME B2B à 6M€ a libéré 240k€ de cash en 4 mois

Contexte : une PME rentable sous tension de trésorerie

PME de services B2B, région parisienne. 6,2M€ de chiffre d'affaires, 12 collaborateurs, croissance régulière de 8-10% par an depuis 3 ans.

Sur le papier, tout va bien. Marge brute à 42%, résultat net positif, carnet de commandes plein. Le dirigeant investit : recrutement, nouveau bureau, outillage digital.

Sauf que la trésorerie ne suit pas. Découverts ponctuels. Relances fournisseurs. Le dirigeant compense en injectant du cash personnel. « C'est temporaire », dit-il.

Signal d'alerte ignoré

Quand un dirigeant injecte du cash personnel dans une entreprise rentable, le problème n'est pas la rentabilité — c'est la structure du BFR.

Diagnostic : les chiffres avant intervention

IndicateurValeur constatéeMédiane sectorielleÉcart
DSO (délai client)72 jours48 jours+24 jours
BFR en jours de CA68 jours42 jours+26 jours
Trésorerie nette-85k€+120k€-205k€
Créances >60 jours340k€23% du CA annuel encaissable

Diagnostic : l'entreprise finance la croissance de ses clients. 72 jours de DSO signifie que chaque euro de CA met 2,5 mois à rentrer. Pendant ce temps, les salaires, le loyer, les charges tombent chaque mois.

Phase 1 (Mois 1) — Cartographie et segmentation créances

Première action : cartographier les créances par client, par ancienneté, par montant.

  • Top 5 clients = 62% des créances >60 jours. Pas un problème systémique — un problème concentré.
  • 2 clients sur 5 payaient à 90+ jours par habitude, pas par difficulté. Aucune relance structurée n'existait.
  • 1 client (18% du CA) imposait un délai contractuel de 75 jours — jamais renégocié depuis 4 ans.

Phase 2 (Mois 2-3) — Actions correctives

Processus de facturation

  • Facturation à J+1 de la livraison (vs J+7 en moyenne avant).
  • Relance automatique à J+30, J+45, J+55.
  • Appel téléphonique systématique à J+50 (pas un mail — un appel).

Renégociation ciblée

  • Client principal : passage de 75 à 55 jours, en échange d'un engagement volume annualisé.
  • 2 clients « retardataires par habitude » : passage de 90+ à 45 jours après un simple échange direct avec le dirigeant.

Conditions commerciales

  • Escompte de 1,5% pour paiement à 15 jours sur les nouveaux contrats.
  • Pénalités de retard activées (pas appliquées systématiquement, mais mentionnées dans les CGV et rappelées en relance).

Phase 3 (Mois 4) — Optimisation fournisseurs

En parallèle, renégociation des délais fournisseurs. L'entreprise payait à 25 jours en moyenne. Passage à 40 jours sur les 3 principaux fournisseurs (70% des achats), sans dégradation de la relation.

Levier souvent négligé

Allonger les délais fournisseurs de 15 jours quand vous achetez pour 2,4M€/an, c'est 100k€ de cash qui reste dans votre trésorerie en permanence.

Résultats à 4 mois

IndicateurAvantAprès (M+4)Impact
DSO72 jours49 jours-23 jours
BFR en jours de CA68 jours41 jours-27 jours
Trésorerie nette-85k€+155k€+240k€
Découvert bancaireFréquentSupprimé12k€/an économisés en agios

Ce que cette mission enseigne

Le cash n'est pas un résultat — c'est une discipline. Cette PME n'avait pas un problème de rentabilité. Elle avait un problème de structure : elle encaissait trop tard et payait trop tôt.

Les 240k€ libérés n'ont pas été « créés ». Ils étaient là, immobilisés dans les créances clients et dans un BFR que personne ne pilotait. Il a suffi de restructurer les flux.

Le dirigeant n'a plus injecté de cash personnel depuis.

Ce que cette situation révèle

Situation de départ

PME rentable à 6M€ avec trésorerie négative, DSO de 72 jours et BFR en dérive.

Résultat obtenu

+240k€ de cash libéré en 4 mois. Découvert supprimé. BFR ramené à la médiane sectorielle.

Votre PME est dans une situation similaire ?

Vous vous reconnaissez dans cette situation ?

Cette note pose le diagnostic. Passons aux décisions.

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